« Tu sais au départ mon mari ne voulait plus que les enfants participent aux activités. Car il disait que les enfants gaspillaient certains matériels de la maison comme le papier toilette, le bicarbonate de sodium, l’huile de cuisine, etc. Mais lorsque je lui ai expliqué que n’ayant pas de jardin, ces activités permettaient aux enfants de faire autre chose, de se défouler autrement au lieu de se chamailler sans arrêt, il a changé d’avis. »
Maman d’un enfant.

Durant cette période, nous nous sommes rendu compte de la précarité de certaines familles. Certains jeunes, n’ont pas accès à des imprimantes, ni à des ordinateurs pour réaliser leurs travaux scolaires. C’est pourquoi, nous leur avons garanti une possibilité d’impression au sein de nos bureaux.
Parallèlement, nous avons mis sur pied la distribution de colis alimentaires, car nous avons identifié la présence d’une grosse précarité et une détresse des plus démunies en cette période difficile.

Ce projet a eu un grand succès, car les habitants du quartier, les jeunes, les commerçants y ont tous participé sans exception.
Concernant le soutien scolaire des enfants du primaire avec leurs parents, nous effectuions nos activités à la maison des Béguines » à Molenbeek-Saint-Jean ». Le confinement se mettant en place de manière assez brutale, nous avons dû repenser notre méthode de travail et inventer les différentes adaptations à effectuer afin que nos bénéficiaires puissent toujours jouir de nos services, qu’ils puissent compter sur notre aide comme ce fut le cas précédemment.
Pour cela, nous nous sommes tournés vers certains réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp plus particulièrement). Réseaux que nous utilisions déjà et surtout WhatsApp, qui était le réseau de prédilection pour les parents et les enfants pour le suivi soutien scolaire. Donc, se l’approprier n’était en rien difficile. Un atout en cette période.
Toutefois, constatant au début du confinement que les parents étaient inquiets pour le suivi scolaire de leur enfant, et que certains n’avaient pas encore eu de nouvelles des écoles et donc n’avaient pas de travail à effectuer à la maison, nous avions de ce fait proposé des exercices à faire à la maison via des sites internet ou des exercices créés par nos soins.
Pendant cette période charnière de confinement, nous avons observé des point positifs et des points négatifs.
Premièrement, nous avons pu observer qu’on ne savait aider les parents de manière efficace en ligne. Pendant cette période, beaucoup d’école ont commencé à envoyer aux parents des moyens permettant à leur enfant de pouvoir travailler à la maison. Certains envoyaient du travail par courrier et d’autres à travers un site. L’une des grosses difficultés des parents face à ce système était qu’ils n’arrivaient pas à accéder au site permettant à leur enfant de travailler en ligne. Après plusieurs essaies d’aide en ligne, nous avons dû abandonner car nous ne pouvions faire plus. Ces enfants n’ont de ce fait pas pu bénéficier d’un outil pédagogique proposé et utilisé par l’école.
Il est également difficile d’expliquer aux parents n’ayant pas des notions en informatique, comment s’approprier une application, comment ne pas se sentir vite déborder. Cette crise nous montre bien que malgré l’évolution des réseaux sociaux, beaucoup de parents en sont exclus. Il aurait fallu penser à leur donner une mini formation sur « comment s’inscrire sur une application pour l’utiliser », car nous avons dû utiliser l’application « Zoom » afin d’être tous interconnectés en même temps lors des divers échanges. Pour beaucoup, lorsque nous leur avons parlé de Zoom, ils pensaient qu’ils suffisaient juste d’installer l’application et le tour était joué.
Par ailleurs, il était difficile de savoir comment attirer l’attention des enfants sur la manière d’utiliser sainement les réseaux, comment travailler via les réseaux tout en s’amusant, comment les accrocher aux différentes activités proposées en ligne par nos soins. Pour les 6-12 ans, ce qui était sûr est que les enfants voulaient manipuler, effectuer des activités qui ne prennent pas trop de temps, des activités qui leur permettent de créer (faire de la peinture, fabriquer, bouger, la motricité était aussi à l’honneur). Au départ, nous étions allés pour des activités un peu sportives avec des mouvements du corps, mais, nous avons constaté que certains enfants étaient en appartement au dernier étage par exemple, et ne bénéficiaient pas d’un endroit à part pour une activité sportive. Certains enfants suivaient les activités en ligne à la cuisine.
L’inaccessibilité de certains matériels pour les activités à domicile a également constitué un problème. C’est la raison pour laquelle pour les expériences scientifiques, nous avons essayé d’avoir des ingrédients accessibles pour tout parent, et à des prix raisonnables pour certains produits. Nous avons acheté certains produits et les avons distribués dans les boîtes aux lettres des familles.
Certaines familles sans ordinateurs se retrouvaient à travailler le scolaire de leur enfant sur leur téléphone. Cette difficulté a été relayée par les parents et les adolescents.
S’approprier le suivi scolaire des enfants ou de comprendre des enseignants via les réseaux fût un défi pour les parents. L’une de nos réflexions était de savoir comment est-ce que les professeurs pourraient faire afin que le message qu’ils voudraient transmettre aux parents soit réellement compris et transmis ?
Face à ces difficultés, nous avons toutefois également identifié des points positifs. Nous pouvons citer dans un premier temps la possession de chaque famille d’un téléphone portable. Bien qu’étant un simple outil de communication à la base, celui-ci s’est avéré être bien plus que ça. À savoir par exemple un moyen de travailler pour certains enfants n’ayant pas d’ordinateur ou encore un moyen de distraction ou de défoulement étant donné que certains vivaient en appartement et ne savaient aller dans les parcs, etc.
Autre point positif était la présence des parents, et leurs disponibilités malgré ce confinement. Ces parents étaient disponibles, car nous leur montrions que nous l’étions, que nous étions à leur écoute. Pour beaucoup être disponible leur permettaient de pouvoir s’exprimer sur cette situation de confinement, de pouvoir extérioriser, de nous soutenir. Beaucoup de parents nous écrivaient dans le groupe de soutien scolaire (construit depuis le début de la rentrée). Ils nous envoyaient des petites vidéos marrantes afin de partager des émotions et moments positifs avec nous. L’autre point positif de cette période est que les enfants aussi ont pu s’exprimer à travers ce groupe pendant le confinement. Nous pouvions discuter avec les enfants presque tous les jours.
Toujours dans la continuité des éléments positifs, Nous avons pu constater que les enfants comme les parents étaient en demande de moyens de travailler le scolaire, mais de manière plus ludique.
Le point ultra-positif de ce confinement était que malgré le peu de moyens informatiques, matériels et autres, que ce soit de notre institution et des parents, nous avons pu effectuer des activités en ligne pendant les vacances de pâques.

Ce qui était agréable. Nous avons observé l’implication des enfants comme des parents, leur sourire et rire pendant les activités. D’ailleurs, concernant ces activités des vacances de pâques, elles furent riches, diverses, scientifiques, drôles, familiales, pleines de découvertes pour les différents publics, etc.
Nous avons pu faire avec les enfants des expériences avec des matériaux lambda que nous avons tous à la maison. Nous avons fait de la peinture, du bricolage, des jeux de société en ligne, vu des films pour ensuite en discuter ensemble, etc. Avec les adolescents des ateliers d’écritures ont été mis sur pied avec eux. Cette période était vraiment riche et inoubliable. Voici quelques témoignages
Maman : « Sandrine c’était vraiment drôle, j’ai dû faire le bricolage du nid d’oiseau avec ma fille, c’était vraiment chouette. Ça change comme je suis à la maison tous les jours »
Jeune de 9ans : « waouh, je ne savais pas qu’en mélangeant le bicarbonate de sodium, puis de huile et après du vinaigre on pouvait avoir pleins de bulles, je vais le montrer à mes amis, trop chouette »
Jeune de 11ans : « Maintenant, je sais comment gonfler mon ballon de baudruche sans utiliser ma bouche, ha haha ».
Jeune de 10ans  : « moi je vais décorer notre salon avec le masque que j’ai fabriqué. Il est trop beau ».
Maman  : « Tu sais au départ mon mari ne voulait plus que les enfants participent aux activités. Car il disait que les enfants gaspillaient certains matériels de la maison comme le papier toilette, le bicarbonate de sodium, l’huile de cuisine, etc. Mais lorsque je lui ai expliqué que n’ayant pas de jardin, ces activités permettaient aux enfants de faire autre chose, de se défouler autrement au lieu de se chamailler sans arrêt, il a changé d’avis. ».
Papa : « les activités je les fais toutes avec mon fils, et cela me permet de me distraire aussi. Mais je ne reste pas parfois jusqu’à la fin, mais je ne suis jamais bien loin ».

Le partage des différents résultats des activités effectuées avec chaque enfant avec ou sans leur parent était aussi très agréable et positif pour tout le monde. Leur sourire et fierté face à leur réalisation, nous ont beaucoup émus
Bien que cette période de confinement ait été centrée sur le scolaire pour les enfants, les adolescents et les parents, nous avons pu aussi leur faire vivre quelques moments différents à travers d’activités plus ludiques, d’interactions de groupe via divers réseaux. Le maintien du lien entre les enfants, les adolescents, les parents et les professionnels pendant cette période de confinement était très important et utile. C’est ce que nous garderons en tête.

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